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Par goût de l'insolite ou pour découvrir les variantes au foie gras,
à la bolognaise ou à la sauce barbecue, quelque 13.000 personnes ont
assisté ce week-end au premier festival de la poutine, cet étrange plat
québécois à base de frites, de fromage et de sauce
"Franchement! Je n'ai jamais attendu aussi longtemps pour une
poutine", lance, amusé, Eric Prud'homme, qui a parcouru 100 km pour
relier Montréal à Drummondville, ville du centre du Québec qui
revendique la paternité de ce plat.
Né à la fin des années 1950,
ce mélange de frites, de morceaux de cheddar frais qui crisse sous la
dent et de sauce brune ressemblant à la "gravy" des Anglais, est devenu
l'un des plats les plus populaires du Québec, avec le "pâté chinois",
un hachis parmentier complété par du maïs, et la tourtière, une tarte à
la viande et aux pommes de terre.
Les organisateurs attendaient
5.000 visiteurs pendant les deux jours du festival, mais ils ont été
13.000, aussi bien des jeunes que des personnes plus âgées.
Si bien qu'il fallait attendre entre une demi-heure et une heure pour goûter à l'une des huit déclinaisons de ce plat original.
"Je
suis venu pour en essayer de nouvelles sortes. C'est définitivement
l'italienne qui est la meilleure", dit Olivier Allard, en plongeant sa
fourchette dans le mélange de cheddar frais, frites et sauce bolognaise.
A
l'origine de ce premier festival, le groupe de rock québécois Les Trois
accords, dont les chansons sont appréciées pour leurs textes absurdes.
"La
poutine, c'est un +confort food+, une nourriture qui te rappelle tes
racines. Quand un Québécois revient d'un voyage à l'étranger, il va
tout de suite en manger une pour être sûr qu'il est de retour chez
lui", dit Alexandre Parr, l'un des guitaristes du groupe.
Si bien
qu'elle s'impose désormais dans certains restaurants chics, qui
n'hésitent pas à troquer le "gravy" par des sauces au saumon fumé, aux
anchois ou au foie gras.
"Il faut laisser aller l'imagination.
L'important c'est que la sauce enrobe bien les frites", explique le
chef Mario Patrie, qui, dans le fond d'une caravane embuée par la
friture, a préparé les poutines de cette messe gastronomique au cours
de laquelle 3,2 tonnes de pommes de terre et 850 kilos de cheddar frais
ont été consommés.
Depuis quatre ans, M. Patrie enseigne la recette de la poutine au foie gras dans une école hôtelière de Drummondville.
"C'est
une sauce à base d'échalotte, avec du vin rouge, un fond de veau et qui
est par la suite émulsionnée avec du foie gras. Et je laisse des
particules pour voir des petits morceaux" de fois gras, explique-t-il.
"Délicieuse", "très fine", "excellente" : les personnes qui goûtaient cette poutine haut de gamme ne tarissaient pas d'éloge.
Pour
sa première dégustation d'une poutine, Lena Thorne, une étudiante
allemande en vacances au Québec, a été tout de suite conquise: "C'est
vraiment bon. Les frites et la sauce sont assez normales, c'est le
fromage qui est vraiment bon", dit-elle, un large sourire aux lèvres.
Si
pour cette première, seuls des restaurateurs locaux ont été invités à
préparer la poutine, les prochaines éditions devraient s'ouvrir aux
marmitons de l'ensemble de la province francophone, explique M. Pratt,
des "Trois accords".
"On va donner une dimension nationale au festival avec toutes les sauces de toutes les villes", dit-il.
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