Irak: les mosquées de Sadr City lancent un appel aux armes |
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21-04-2008 |
Les mosquées de Sadr City, le bastion de Moqtada Sadr à Bagdad, ont
exhorté à chasser les Américains après un appel samedi du jeune chef
radical à la révolte si les attaques contre son mouvement se
poursuivaient.
Dimanche, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice est arrivée
à Bagdad pour une visite surprise. Elle doit participer mardi à une
conférence internationale des voisins de l'Irak à Koweit.
Lors d'une étape en Irlande sur le chemin du Moyen-Orient, elle avait
appelé les pays arabes sunnites à faire face à "leurs obligations" avec
leur voisin chiite d'Irak qui lutte contre les milices chiites
soutenues par l'Iran.
De nouvelles violences à Sadr City, dans le nord-est de Bagdad, ont
fait au moins quinze tués depuis samedi soir, selon des sources
médicales et le commandement américain.
Selon des habitants du vaste secteur déshérité, les hauts-parleurs des
mosquées utilisés pour l'appel à la prière ont lancé dans la nuit :
"Combattez l'occupant, chassez-le de vos maisons".
Ils ont diffusé le communiqué publié samedi soir par Moqtada Sadr,
menaçant d'une "guerre ouverte" si les troupes irakiennes et
américaines ne cessaient pas leurs attaques contre son mouvement.
"Nous voulons que le siège de Sadr City soit levé", ont encore réclamé
les appels nocturnes diffusés par des partisans de Moqtada Sadr.
Les messages ont également accusé les Etats-Unis de semer la zizanie
parmi les chiites, et ont exhorté les troupes irakiennes, sous les
ordres du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, "à ne pas combattre
leurs frères".
Depuis des jours, des affrontements intermittents opposent les troupes
irakiennes et américaines aux miliciens chiites dans Sadr City, qui
abrite plus de deux millions d'habitants.
Les unités américaines ont commencé à y construire un mur, censé
prévenir des tirs de roquettes et de mortiers contre le reste de la
ville, et notamment la "zone verte", l'enclave fortifiée qui abrite le
gouvernement irakien et l'ambassade des Etats-Unis.
Selon des sources médicales et au sein des services de sécurité, huit
personnes ont été tuées et 22 blessées dans des violences dans la nuit
de samedi à dimanche, dans Sadr City.
Selon le commandement américain, des hélicoptères américains ont
attaqué des "criminels", et en ont tué sept dans une série d'incidents
séparés samedi soir.
Les combats qui ont recommencé dans ce secteur le 6 avril ont fait au
moins 125 tués et des dizaines de blessés, en majorité des civils.
Les Américains assurent que l'objectif des récentes opérations dans
Sadr City est de neutraliser des éléments incontrôlés qui désobéissent
aux ordres de cessez-le-feu de Moqtada Sadr.
Mais les sadristes, dernière milice irakienne farouchement opposée à la
présence américaine en Irak, affirment être la cible d'une campagne
systématique pour les affaiblir, voire les éliminer.
"Je donne un dernier avertissement (...) au gouvernement irakien pour
qu'il choisisse le chemin de la paix et arrête les violences contre son
propre peuple, sinon il sera un gouvernement de destruction", a assuré
Moqtada Sadr dans son message samedi soir.
"S'il n'arrête pas l'action des milices qui ont infiltré le
gouvernement, nous déclarerons une guerre ouverte jusqu'à la
libération", avertit Moqtada Sadr, qui contrôle les 60.000 combattants
de la plus puissante milice d'Irak.
A Bassorah (sud), où des combats violents avaient opposé les troupes
régulières aux miliciens à la fin du mois de mars, l'armée irakienne a
pris position samedi après des accrochages dans un des fiefs de la
milice de Moqtada Sadr.
Selon un communiqué dimanche du ministre de la justice, Safa Al Din
al-Safi, "les arrestations qui se sont produites à Bassorah ont été
conduites en respect de la loi".
Il a souligné que "les arrestations de personnes armées dans la rue
n'avaient pas besoin d'une décision de justice, parce qu'elles sont
prises en flagrant délit".
Mais le porte-parole du mouvement sadriste à Najaf (centre sud), Salah
al-Obaidi, a estimé que "la balle était dans le camp du gouvernement"
et qu'il n'y avait pas de temps à perdre. "Nous n'accepterons plus de
fausses promesses et des démonstrations d'hypocrisie politique", a-t-il
assuré à l'AFP.
"Si le gouvernement ne change pas d'attitude, la décision est entre les mains de Moqtada Sadr", a-t-il ajouté.
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