Les Paraguayens en passe de faire un choix présidentiel historique |
|
21-04-2008 |
Près de trois millions de Paraguayens sont appelés aux urnes
dimanche pour élire un nouveau chef d'Etat lors d'un scrutin historique
à l'issue duquel le parti conservateur représenté par une femme
pourrait devoir céder le pouvoir qu'il détient depuis 1947 à un ancien
évêque "progressiste".
Favori de la présidentielle paraguayenne, "l'évêque des pauvres" Fernando Lugo en campagne le 17 avril 2008 à Asuncion
Les 14.800 bureaux de vote du pays seront ouverts dimanche de 07h00
(11h00 GMT) à 16h00 (20h00 GMT) aux 2.861.940 électeurs paraguayens qui
devront choisir, pour un mandat unique de cinq ans, le président, le
vice-président, les sénateurs, les députés et les gouverneurs de
départements.
Des centaines de Paraguayens expatriés en Argentine sont rentrés
spécialement pour prendre part au scrutin, selon des agents de douane
aux frontières où les contrôles ont été renforcés.
En outre, le Tribunal supérieur pour la Justice électorale a rappelé
samedi que la loi interdisait aux candidats de "s'auto-proclamer"
vainqueurs, sous peine de sanctions, qui n'ont pas été précisées.
Ce scrutin à un seul tour sera serré entre les candidats des trois
principaux partis, dans un climat de suspicion alors que les craintes
de fraudes et d'incidents violents persistent en dépit de la présence
de 300 observateurs internationaux.
Favori des sondages depuis trois mois, Fernando Lugo, surnommé
"l'évêque des pauvres", a abandonné la soutane fin 2006 pour conduire
la coalition de gauche de l'Alliance patriotique pour le changement
(APC).
Depuis, la popularité du candidat, qui se qualifie de "progressiste",
n'a cessé d'augmenter dans un pays où un tiers des six millions
d'habitants vit en-dessous du seuil de pauvreté. Lugo est la plus
sérieuse menace pour le parti conservateur, fort de 61 ans d'hégémonie.
Après tant d'années passées au pouvoir, pour un bilan économique et
social exsangue, entaché de corruption, le Parti Colorado a pris le
risque dans ce pays "machiste" de propulser une femme, l'ex-ministre de
l'Education Blanca Ovelar, dans la course présidentielle.
Si elle était élue, cette fidèle du président sortant Nicanor Duarte
qu'il a personnellement soutenue deviendrait la troisième présidente du
continent sud-américain après Michèle Bachelet (Chili) et Cristina
Kirchner (Argentine).
Quant au candidat de la liste de droite de l'Unace, Lino Oviedo,
général à la retraite, il est sorti de prison il y a six mois après
avoir purgé en partie une condamnation à 10 ans d'emprisonnement pour
tentative de putsch en 1996 contre le président de l'époque Juan Carlos
Wasmosy (1993-1998).
Selon les derniers sondages, M. Lugo recueillerait 34% des intentions
de vote, tandis que Mme Ovelar et M. Oviedo seraient au coude-à-coude,
respectivement à 28,5% et 29%.
|